Ce matin c'est une figure de mon enfance qui nous quitte pour
"rejoindre les siens". J'aimerais que vous écoutiez "Le plat pays" de
Jacques Brel. Rapport à mes origines flammandes, qui viennent de
sombrer, avec ma grand mère, décédée après 88 dures années, les années
d'une femme dévouée à ses enfants et son mari, les années d'une femme
représentante en quelque sorte de cette génération qui a vu la
libération de la femme sans jamais la vivre, cette génération qui a
souffert autrefois et qui souffre encore aujourd'hui de sa dure vie de
vieillard décharné, ou malade, ou bien encore sénile.
Je perds aujourd'hui la dernière représentante de mes grands parents,
qui depuis quelques temps souffrait de la maladie d'alzheimer, ne me
reconnaissant plus, me posant les mêmes questions, je l'entends
toujours encore et encore me demander si j'ai une petite copine et à ma
réponse fatidique "non" répondre que c'est dommage pour un jeune homme
comme moi à mon age. Lui aurais je dis que je suis homosexuel, elle
l'aurait vite oublié pour me reposer la même question.
En y repensant, ça me faisait beaucoup rire cette situation, et je
préfère garder ce souvenir, car même s'il touche à sa maladie, nous
rappelle que nous rigolions encore avec elle et qu'elle se sentait par
la même occasion un peu plus légère et riante.
J'aime à me dire que le passé est derrière nous et qu'il faut faire place à l'avenir, aux nouvelles générations.
Je pense être bien assez fort pour résister encore à un décès, j'arrive
à prendre sur moi, j'arrive à surmonter. Je pleure beaucoup dans la vie
de tous les jours certes, mais en attendant les évènements durs
j'arrive à les surmonter. Je veux me mettre en tête que malgré la
croyance beauf, les pédés ne sont pas des faibles. J'ai beau aimer les
hommes, je ne me laisserai pas abattre, Je ne l'ai jamais fait, je ne
le ferais jamais.
|